Une dernière danse dans le Cotentin

4 potes, 3 bagnoles, et 2 jours à tuer, voilà tout ce dont on avait besoin pour terminer l’été. Le 21 septembre, alors que l’automne pointe le bout de son nez, le soleil fait de la résistance en Normandie. Il nous en faut pas plus pour partir à l’assaut des petites routes manchoises avant d’enterrer les lunettes de soleil au fond de la boîte à gants. Pourquoi le Cotentin ? Honnêtement, aucune idée. C’est venu comme ça, au détour d’une pause café. Pierrot connaît bien, Momo, Yannis et moi pas vraiment, l’occasion s’est présentée, on n’a pas réfléchi plus longtemps.

4 friends, 3 cars, and 2 days to kill – that’s all we needed to wrap up the summer. On September 21st, as autumn starts to settle in, the sun is still holding strong in Normandy. That’s all it took for us to hit the B-roads of the Manche region, before burying our sunglasses at the bottom of the glove box. Why the Cotentin? Honestly, no idea. It just came up during a coffee break. Pierre knows the area, but Amaury, Yannis, and I, not so much. The opportunity presented itself, and we didn’t think twice.

Par Nathan. Photos: Nathan. Vidéos: Pierre.
Avec: Pierre et Yannis (BMW 323ci e46), Amaury (BMW 325ti e46), Nathan (BMW 328i Touring)

Etape 0 : Le Havre – Arromanches, débarquement nocturne.

Décollage du Havre le vendredi soir. Un dernier check up chez Maxou Perf pour nos vieilles e46, un passage chez le Roi des Burgers de Gonfreville pour faire le plein des pilotes; et un petit détour à Auchan Montivilliers, pour faire un coucou aux copains et découvrir la car culture locale avant de s’enfoncer vers le pays de la crème fraîche. Il est minuit passé quand on s’élance plein ouest sur le pont de Normandie.

We took off from Le Havre on Friday evening. A final check-up of our old E46s, a stop at the Burger King in Gonfreville to fuel up the drivers, and a quick detour to the Auchan mall in Montivilliers to greet our friends and check out the local car culture before heading off towards the land of Camembert. It’s past midnight when we head full west onto the Normandy Bridge.

Sur la route, 3 caisses 3 ambiances: la 323ci de Pierre lance des regards menaçant dans le rétro, la 325ti de Momo, devant, semble toute droit sortie d’une spéciale de rallye et mon 328i touring file sans bruit dans la nuit noire, avec son surf sur le toit.

On the road, 3 cars, 3 vibes: Pierre’s 323ci looks menacing in the rearview mirror, Momo’s 325ti up front looks like it’s straight out of a rally stage, and my 328i Touring glides silently through the dark night, with its surfboard on the roof.

La fatigue se fait ressentir à hauteur d’Arromanches, on s’arrête là pour aujourd’hui. 2h30 du mat’, on arrive sur le premier spot, à Cap Manvieux. Un petit parking en herbe, en haut des falaises, nous tend les bras. Un dernier effort pour franchir les nids de poules sans arracher les pack M, une bière, et au lit.

We start to feel tired when we reach Arromanches, so we’ll stop here for the night. It’s 2:30 AM when we arrive at the first spot, Cap Manvieux. A small grassy parking lot at the top of the cliffs welcomes us. One last effort to dodge the potholes without tearing off our M-packets, a beer, and then good night

Etape 1 : Du Cap Manvieux à Port Racine, entre galères et arsouilles

A 7 heures les premiers rayons traversent la tente et on découvre, les yeux encore collés, une vue mer à en faire pâlir un hôtel 5 étoiles, juste au-dessus du port artificiel. Douche-bidon au cul de la Béhème pour se réveiller, un ptikaf et on remballe. 3 donuts pour se mettre en jambe et on reprend la route direction Omaha Beach pour le p’tit déj’. Parce qu’on n’est pas venu jusqu’ici (que) pour brûler de la gomme et de l’essence.

« 7 AM, the first rays of sunlight wake us through the tent, and we discover, eyes still glued shut, a sea view that would make a 5-star hotel jealous, just above the artificial harbor. A quick shower behind the Beheme to wake up, a coffee, and we pack up. Three donuts to warm ourselves up, and we hit the road again, heading towards Omaha Beach for breakfast. Because we didn’t come all this way (just) to burn rubber and gas.

Mais alors que nous remettions du rythme entre les convois de camping-cars (visiblement on est pas les seuls à avoir visé le Cotentin ce week-end), Pierre se plaint d’un bruit sourd à l’arrière droit. Crevé. Direction le garage le plus proche. Pour notre p’tit déj’ sur la plage, on se contentera de Palmitos sur la malle CSL du 323, dans l’atelier d’un garage de bord de départementale. Le pneu a bien chauffé mais le mécano parvient à nous le rafistoler. Ça tiendra jusqu’à ce que ça ne tienne plus.

But as we were setting the pace between the caravans and RVs (looks like we’re not the only ones who aimed for the Cotentin this weekend), Pierre complains of a dull noise from the rear right. Flat tire. Off to the nearest garage. For our breakfast on the beach, we settle instead for Palmitos on the CSL boot of the 323, in the workshop of a roadside garage. The tire’s been well heated, but the mechanic manages to patch it up. It’ll hold until it doesn’t anymore.

Finalement c’est pour midi qu’on arrive à Omaha. Et là, on se met directement dans le thème avec un bon burger Normand à l’andouillette et sa sauce camembert. En terrasse évidemment. Marche digestive au cimetière américain et suite et fin de cet instant culture à la Pointe du Hoc où Momo et Yannis se remémorent leurs grandes heures sur Call of.

Eventually, we made it to Omaha Beach by noon. And right away, we got into the theme with a good Norman burger made with andouillette and camembert sauce. Then, we took a digestive walk at the American cemetery, and continued to the final part of this cultural moment at Pointe du Hoc, where Amaury and Yannis reminisced about their glory days on Call of Duty.

On décide ensuite de lâcher le GPS et de simplement mettre le cap au nord. On verra bien où cela nous mène. Au fur et à mesure qu’on s’éloigne des grands axes, les virages et les rapports s’enchaînent. On laisse les 6 cylindres s’exprimer, on se cramponne dans les virages et on se rappelle pourquoi on les aime tant nos vieilles guimbardes. A l’approche de Port Racine, on découvre une partie bien planquée de la Normandie, préservée du tourisme. Un endroit que même la van life semble avoir oublié. Et pourtant, ça vaut le détour ! L’asphalte ne demande qu’à être poncée, les paysages sont à couper le souffle. C’est l’instant “Et si je vivais ici?”

We then decide to ditch the GPS and simply head north. We’ll see where it takes us. As we move away from the main roads, the curves and gears follow one after another. We let the six cylinders roar, gripping the wheel through the corners, and remembering why we love our old BMWs so much. Approaching Port Racine, we discover a hidden part of Normandy, untouched by tourism. A place even van lifers seem to have forgotten. And yet, it’s worth the detour! The asphalt begs you to floor it, and the views are breathtaking. It’s time for a ‘What if I lived here?’ moment.

A défaut de s’y installer pour la vie, on s’y installera pour la nuit. De l’autre côté de l’Anse Saint Martin, on repère un carré d’herbe en bord de plage, entouré de champs de maïs. On plante rapidement les tentes et on s’installe autour du feu. Au menu ce soir: camembert rôti et filet de saumon au feu de bois. Sans oublier bien sûr l’incontournable saucisson-bière en entrée.

Instead of settling here for life, we’ll settle here for the night. On the other side of the Anse Saint Martin, we spot a patch of grass by the beach, surrounded by cornfields. We quickly pitch the tents and settle around the fire. On the menu tonight: roasted camembert and wood-fired salmon. And of course, the essential saucisson and beer combo for starters.

Etape 2 : Du nez de Jobourg à Biville, le dernier acte

Le lendemain, après avoir englouti un p’tit dèj à La Hague, on se lance dans une randonnée à flanc de falaise sur le Nez de Jobourg avant de changer radicalement de décor, à 20km de là, aux dunes de Biville, pour le dernier festin du voyage.

The next day, after a quick breakfast in La Hague, we set off on a cliffside hike at the Nez de Jobourg, before switching scenery just 20 km away, at the Biville dunes, for the final feast of the trip.

Andouillettes, oignons sauce crème-moutarde. Pour le nutri-score on repassera mais le cadre est au rendez-vous. Ambiance Western au milieu des dunes, où on se régale comme des cow-boys après une traversée du désert.. 3 andouillettes, 4 oignons et une bonne dose de gras made in Normandie, l’automne peut arriver, on est armés.

Andouillette sausages, onions with mustard cream sauce. Nutritionists would hate us, but the setting is on point. Western vibes in the middle of the dunes, where we feast like cowboys after crossing the desert. Three andouillettes, four onions, and a good dose of Normand fat—let autumn come, we’re ready

On range la popote et on redémarre. A peine de retour sur la nationale que le temps se gâte. C’est un véritable déluge qui s’abat sur la route. On rentre les yeux plissés à travers le rideau de pluie, cramponnés au volant sur la route européenne E46… tiens tiens.

We pack up and start our engines again. Barely back on the main road, the weather takes a turn for the worse. A real downpour falls upon us. We drive with squinted eyes through the curtain of rain, gripping the wheel on the European E46 road… what a coincidence!

Nous rentrons comme nous sommes partis, en pleine nuit. Les cheveux mouillés mais des souvenirs pleins la tête, ce fut une belle aventure. Malgré les galères, une seule déception persiste: de ne pas avoir détaché le surf du touring. Mais une chose est sûre, surf ou pas, on reprendra bientôt la route vers de nouvelles aventures.

We head home the same way we left, in the middle of the night. Hair still wet, but our heads full of memories—it was a great adventure. Despite the setbacks, only one disappointment remains: not having taken the surfboard off the touring roof. But one thing’s for sure—surfboard or not, we’ll be hitting the road again soon.

Et finalement, le pneu de Pierre à bien fini par le lâcher… juste devant chez lui. C’est ce qu’on appelle de la mécanique de précision.

« To wrap up the story, Pierre’s tire finally gave out… right in front of his place. That’s what you call precision engineering.

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