On prend les mêmes et on recommence. Parce que le Cotentin nous avait pas suffit, on reprend la route direction le sud-ouest pour la dernière de l’année. Toujours en Béhèmes, toujours en bivouac, on s’élance sur plus de 2500 km de Nevers au Pays Basque en passant par les Pyrénées et le désert des Bardenas, en quête de soleil et de belles arsouilles au cœur de l’automne.
Same cars, same team, new adventure. Because the Cotentin wasn’t enough, we’re back on the road, this time heading southwest for the last trip of the year. Still in BMWs, still camping, we’re setting off on more than 2500 km from Nevers to the Basque Country, through the Pyrenees and the Bardenas Desert, in search of sunshine and empty, twisty roads in the heart of autumn
Prologue bourguignon et improvisation auvergnate
Mi-octobre, message d’Amo : “Les gars j’ai une semaine de libre entre le 1 et le 11 novembre, on va où?” Alors invité par Serica et Ride Anyways à The Wall, à Hossegor en Patrol, c’est comme une évidence: il faut viser le sud-ouest ! Les nanas sont jolies, les paysages prometteurs, et avec un peu de chance, on arrivera à déjouer le froid. Et qui sait ? Peut-être que cette fois-ci je détacherai enfin le surf du toit du touring !
Mid-October, message from Momo: ‘Guys, I’ve got the week off between November 1st and 11th, where we goin’?’ Invited by Serica and Ride Anyways to The Wall in Hossegor, with the Patrol, it was a no-brainer: we had to head southwest! The girls are nice, the landscapes look promising, and with a bit of luck, we’ll dodge the cold. And who knows? Maybe this time I’ll finally get the surfboard off the roof of the Touring!
Rendez-vous 10 jours plus tard, le 1er novembre, à midi, parking du Ravelin, Nevers. Juste le temps gribouiller une idée de tracé sur une carte et de faire les quelques courses et réparations essentielles (talkie walkies, stickers, vase d’expansion, roues de secours…). On s’enfile un sandwich vite fait et on ne fait pas de vieux os. L’automne a gagné du terrain depuis le Cotentin, la nuit tombe vite. Sans trainer nous mettons cap au sud, sur la Nationale 7. Premier stop un peu après Moulins au fond d’un cul de sac bordé d’une rivière, bien planqués par l’épais brouillard qui s’installe en même temps que nous. Le South Ouest trip commence enfin.
We met 10 days later, on November 1st, at noon, in Nevers. Just enough time to quickly sketch a route on a map and pick up a few essentials (walkie-talkies, stickers, expansion tank, spare wheels…). We grabbed a quick meal and didn’t linger. Autumn has taken hold since the Cotentin, and the night falls early. Without wasting time, we head down south on the Nationale 7. First stop, a little past Moulins, at the end of a dead-end road by a river, well hidden by the thick fog that settles in as we set up camp. The Southwest trip finally begins.



En route vers le sud
Le lendemain, on vise le lac du Salagou. Mais en quittant Clermont après le p’tit déj, dans la frénésie des bouchons de ce week-end prolongé, on finit par se perdre de vue au feu rouge et on cafouille dans la prise de décision.
The next day, we set our sights on Lake Salagou. But after leaving Clermont-Ferrand following breakfast and getting caught up in the traffic chaos of the long weekend, we end up losing each other at a red light and fumbling with our decision-making.
“- Prochain rond-point direction Laguiole.” “- Euh non, Limoges !” “- Non ?” “- Si ?” “- Attends, t’es sûr ?” “- Limoges ou Laguiole ?” “- Limoges !”
“- Next roundabout, take the exit towards Laguiole.” “- Uh, no, Limoges!” “- No?” “- Yes?” “- Wait, are you sure?” “- Limoges or Laguiole?” “- Limoges!”
Mauvaise réponse. Et il nous aura fallu une bonne heure dans la mauvaise direction avant de nous en rendre compte!
Wrong answer. And it took us one hour in the wrong direction to realise our mistake!
Heureusement, les routes du Limousin valent le détour. Une fois de retour sur le droit chemin, la faim nous rattrape à Saint Nectaire. Il faut se rendre à l’évidence: on ne mangera pas d’aligot à Laguiole ce midi. Mais hors de question de ne pas manger de fromage pour autant. Direction le relais de Sennecterre pour une bonne fondue… de St Nectaire évidemment.
Luckily, the roads of Limousin are worth the detour. Once back on track, hunger catches up with us near Saint-Nectaire. We have to face the facts: we won’t be having aligot in Laguiole at noon. But ain’t no way we’re not having cheese. Off to the Relais de Sennecterre for a good fondue… of Saint-Nectaire, of course.



Dans les petits villages d’Auvergne, entre le ronronnement de la 323, le pont soudé du 325 qui gratte de sol et la planche de surf qui orne le toit du 328, difficile de passer inaperçus. Les regards se tournent vers nous, les kids en font tomber leur sucettes, les grand-mères en terrasses nous font la holà et les chasseurs nous dévisagent d’incompréhension du haut de leur 4×4.
As we cross the small towns of Auvergne, the rumbling exhaust notes of the 323ci, the 325ti’s welded diff scraping the ground, and my surfboard adorning the roof of the 328i Touring break all the necks. It’s all eyes on us. Kids drop their lollipops while pointing at us, grandmothers on terraces wave at us, and hunters stare at us, confused, from the heights of their 4x4s.





Le soleil se couche à nouveau quand nous arrivons à St-Urcize, aux portes de l’Aubrac. Nous nous y installons pour la nuit, au pied de la station de ski locale. La température chute, on se dépêche de manger et on se serre à trois dans la tente.
The sun sets again when we arrive in St-Urcize, at the gates of Aubrac. We’ll set up camp here for the night, at the foot of a local ski resort. The temperature drops quickly, so we hurry to eat and squeeze into the tent.


Le lendemain, c’est jour de marché. Tombés du lit à cause de la nuit glaciale, on se retrouve à 8h du mat’ place du marché, devant un étalage de fruits et légumes. 3 mecs, aussi tôt un dimanche matin, faisant la queue pour des légumes, c’est louche. Si louche que le maraîcher nous dévisage longuement et met une éternité à nous servir. Et vous auriez dû voir sa tête quand on lui a demandé deux butternuts.
Next day is market day. Woken up early by the freezing night, we find ourselves at 8 a.m. in the market square, in front of a stall of fruits and vegetables. Three boys, this early on a Sunday morning, standing in line for vegetables—it looks suspicious. So suspicious that the greengrocer takes a long time to realize we might be actual customers. He couldn’t believe his ears when we asked for two butternut squashes.



Avant de partir, quand on demande à la volée où se procurer de l’aligot, tout le village coopère. La supérette, le boucher, le boulanger, même le bar-tabac-hôtel-bureau de poste… Tout le monde en vend, c’est une institution ici !
Before leaving, when we casually ask where to get ourselves some aligot, the whole village collaborates. The convenience store, the butcher, the baker, even the bar-tobacco shop-hotel-post office… Everyone has some; it’s sacred here!
Le sud nous voilà (enfin)
Après l’Auvergne, l’Aveyron. La glacière pleine de Saint Nectaire et d’aligot, nous poursuivons notre descente vers le sud en passant par Bozouls et son trou, puis Millau, où on se surprend à rouler vitres baissées et coude à la portière comme en plein été.
After Auvergne comes Aveyron. With the cooler packed full of Saint-Nectaire and aligot, we continue down south, passing through Bozouls and its famous canyon, then Millau, where find ourselves driving with the windows down and elbow on the door, as if it were midsummer.
A la sortie de la ville, on s’engage sur la route de la Cavalerie en mode rallye. Les 3 béhèmes se faufilant en formation rapprochée entre les camping-car et autres touristes pour se hisser jusque sur le plateau du Larzac, au bord duquel on s’arrêtera manger face au Viaduc.
Leaving town, we hit the road of La Cavalerie, rally mode. Our three Bimmers weave through motorhomes and tourists traffic, making their way up to the Larzac plateau, where we stop to eat with a breathtaking view of the Viaduct.


Pour la première fois depuis le départ, on s’accorde enfin une vraie pause. A peine une heure nous sépare du Salagou, l’objectif d’hier, et le soleil brille; on en profite pour s’envoyer une HK bien fraîche et sortir les hamacs. Bercés par une légère brise qui remonte de la vallée, on se laisse même aller à une petite sieste, plus qu’appréciée après cette nuit à 4°C qui nous semble bien loin désormais. Ça y est, nous voilà officiellement dans le Sud.
For the first time since start, we finally treat ourselves to a real break. We’re only an hour’s drive from Lake Salagou, yesterday’s goal, and the sun is high and shining. We take the opportunity to crack open a cold one and set up the hammocks. Rocked by the warm wind coming up from the valley, we even give in to a little nap, much appreciated after that freezing 4°C night, which now feels like a long time ago. And just like that, we’re officially in the South.
Après une courte halte au bord du Lac du Salagou, à hauteur de Mourèze, on ne peut résister à l’appel de la golden hour. Obligés de s’arrêter griller de la pellicule sur nos tas de ferraille, baignés par les dernières lueurs du jour.
After a brief stop by the Lac du Salagou, near Mourèze, we can’t resist the call of the golden hour. We have to stop and burn some film on our shitboxes, bathed in the last rays of light.






La route nous mène ensuite au cœur du Languedoc, sur les hauteurs de Bédarieux où on passera la nuit après un festin d’aligot pendant que le soleil se couche, embrasant l’horizon.
The road then leads us to the heart of the Languedoc, to the heights of Bédarieux, where we’ll stop for the night after a feast of aligot, while the sun sets, lighting up the horizon.





Le début de l’aventure
Ce matin, on a pas vraiment de plan de route. On sait qu’il faudrait viser les Pyrénées mais sans plus. Les gars ont maté un TikTok sur le Mas d’Azil la veille, on se dit que ça peut faire un bon checkpoint avant d’arriver chez mon pote Tom pour l’apéro.
This morning, we barely have a plan. We know we should head towards the Pyrenees, but that’s about it. The boys watched a TikTok about the Mas d’Azil last night, so we figure out it could make an interesting checkpoint before heading to my buddy Tom’s place for apéro.
Sur les premiers kilomètres, on roule la tête dans les nuages, se faufilant à tâtons sur les cols sinueux. Au fur et à mesure qu’on avance direction l’Ariège, la route se libère, le ciel se dégage et le rythme s’accélère. Les rapports s’allongent en sorties de virages, on vient chatouiller le fond du compte tour, les 6 cylindres s’en donnent à cœur joie sur la départementale.
On the first few miles, we drive through the clouds, feeling our way through the winding passes. As we head toward Ariège, the sky clears, the road opens up, and the pace picks up. We push through the gears out of the turns, teasing the redline, letting our six cylinders express themselves on the country roads.
Quand on lève enfin le nez du volant, on est à Carcassonne. La faim arrive mais on pousse encore un peu, jusqu’à Mirepoix, pour manger aux pieds des Pyrénées. En plein pays d’Olmes, on ne sait pas si on doit se sentir encore en été ou déjà en Espagne, mais une chose est sûre, on est bien en Ariège. L’ordinateur de bord affiche 25°C, les terrasses sont pleines et les hippies pieds nus pullulent sur la Place des Couverts.
When we finally look up from the wheel, we’re in Carcassonne. Hunger strikes, but we push on a little further, all the way to Mirepoix, to eat at the foot of the Pyrenees. In the heart of the Pays d’Olmes, we’re not sure whether we should feel like it’s still summer or that we’re already in Spain, but one thing’s for sure, we’re definitely in Ariège. The onboard computer shows 25°C, the terraces are full, and barefoot hippies are all over the place.


Rassasiés, on se remet en selle direction la grotte du Mas d’Azil. Un site unique en Europe et un lieu de pèlerinage obligatoire pour tout voyageur motorisé de passage dans la région. Secret bien gardé des Pyrénées ariégeoises, on fait rugir les moteurs entre les parois de la grotte préhistorique, profitant que les lieux sont déserts en ce lundi après-midi pour faire plusieurs fois le tour du manège et prendre quelques images, avant de poursuivre direction la frontière.
Full and satisfied, we get back on the road towards the Mas d’Azil cave. This unique site in Europe is a well-kept secret of the Ariège Pyrenees and a must-see for any motorized traveler visiting the area. We rev up the engines between the walls of the prehistoric cave, taking advantage of the emptiness of the place, on this Monday afternoon, to circle around a few times and snap some shots, before continuing on toward the border.



A partir de maintenant, c’est une course contre la montre qui se joue entre notre convoi et le coucher du soleil. On a pour objectif d’atteindre la vallée d’Aure, à quelques kilomètres de la frontière, avant la nuit pour monter le camp. Perdu. La lune est déjà bien haute quand on arrive à Ancizan et un vent à décoiffer les ours souffle sur la Hourquette.
From now on, we’re racing against the clock to set up camp in the Aure Valley, just a few miles from the Spanish border, before nightfall. But the moon is already high in the sky when we arrive in Ancizan, and a wind strong enough to knock a bull out is blowing over the pass.


On s’enfonce sur une piste en contrebas, jusqu’à trouver un spot à l’abri du vent et on entame les festivités. Tom, le local de l’étape, nous rejoint pour l’apéro avec un carton de bières locale, en offrande; pendant que le chef Pierre nous prépare les butternuts de St Urcize et 2 énormes bavettes au grill. Parce qu’un bon road trip, c’est se faire plaisir tant au volant que dans l’assiette.
We head down a track until we find a spot sheltered from the wind and kick off the night. Tom joins us with a 24-pack of a local beer, while Chef Pierre prepares the butternuts from St. Urcize and we grill two huge steaks over the fire. Because a good road trip is as much about enjoying yourself behind the wheel as it is at the table.
Virée espagnole entre Aragon et Pays Basque
Quand le jour se lève à nouveau sur les Pyrenées, on voit la Vallée d’Aure qui s’éveille sous un drap jaune d’orange. En descendant, Pierre et Momo refont l’appoint d’éthanol, et on prend une dernière pause avant l’Espagne pour le p’tit dej. Croissants 100% pur beurre d’Isigny, ça valait le coup d’aller si loin.
As the day rises again over the Hourquette d’Ancizan, we watch the Vallée d’Aure wake up, draped in yellow and orange. Going down, Pierre and Momo top off with E85, and we take one last break before Spain for breakfast.




À partir de maintenant, ça grimpe. Jusqu’en haut. Les parois se resserrent, la pente s’accentue jusqu’au tunnel et nous voilà en Espagne. Mais au bout de trois virages Pierre nous signale au talkie un bruit sourd provenant de son train arrière. Un roulement qui se fait la malle? Un cardan sur le point de lâcher? Crevé. La classique Pierrot. Heureusement, cette fois-ci on a prévu le stock de roues de secours. On répare vite fait et on dévale l‘Autovia 138 jusqu’à Ainsa, première grande ville espagnole de la vallée.
Then, it’s all uphill. All the way to the top. The walls close in, and the slope steepens until we reach the Bielsa tunnel—and just like that, we’re in Spain. But after a couple of turns, Pierre reports over the radio a dull noise coming from his rear end. A bearing about to fail? The driveshaft about to give way? Just a flat tire. Pierrot’s classic. Luckily, this time we’ve got some spares in stock. We swap the wheel and race down the Autovia 138 to Ainsa, the first big Spanish town in the valley




Si la région a été globalement épargnée par les récentes inondations, la route porte encore les séquelles d’une crue du Rio Cinca, dans lequel je me rappelle faire le plein d’eau pour refroidir le Patrol en surchauffe, quelques étés plus tôt. Les collègues en jaune fluo, qui s’affairent à reboucher les trous dans l’asphalte, nous regardent passer, sourire au lèvres et pouces en l’air. De quoi gommer le seum de la crevaison.
Although the surroundings seem spared from the recent floods, the road still bears the scars of a past flood from the Rio Cinca – the river where I remember picking up buckets of water to cool the Patrol down, a few summers ago. The guys in yellow jackets, busy patching up the potholes in the asphalt, watch us pass with smiles on their faces and their thumbs up. Enough to wipe away the frustration of the flat tire.
Arrivés à Ainsa, on y découvre une zone commerciale entièrement dédiée à l’automobile. Contrôle technique, car wash, garage, magasin de pneus, spécialiste 4×4… tout y est. Bien sûr, personne n’a de 255 en stock. La roue de secours fera l’affaire mais le pneu a déjà du vécu.
Arriving in Ainsa, we come across an entire car-related commercial area: technical inspection, car wash, garage, body shop, tire shop, 4×4 specialist… you name it. Of course, no one has any 255 wides in stock. The spare will do, though—it’s already seen quite a few miles.






On s’en inquiètera plus tard, la matinée est déjà bien avancée, il se fait faim. Direction la Plaza Mayor pour une Pizza con cerveza avant de reprendre la route, en mode éco, direction les Bardenas Reales.
We’ll worry about that later; the AM is already well underway, and we’re hungry. Off to the Plaza Mayor for a pizza con cerveza before hitting the road again, in eco mode, heading towards the Bardenas Reales.



On a trois jours devant nous pour se perdre en Espagne donc on roule cool, on vise simplement l’ouest en regardant le soleil descendre à travers le pare-brise. Les paysages s’assèchent au fur et à mesure qu’on descend des montagnes, on est sur la bonne voie. Dans les dernières lueurs du jour, on s’arrête un peu après Sierra de Luna, au bord d’une piste 4×4 en hauteur de la Carretera Castejón, dans le parc national d’Aragon.
We’ve got three days ahead of us to get lost in Spain, so we take it easy, simply winding west, watching the sun set through the windshield. The landscape dries out as we go down from the hills—we’re on the right track. In the fading light of the day, we stop just past Sierra de Luna, beside an offroad track above the Carretera Castejón, in the Aragon National Park.



L’avantage de partir en novembre, c’est d’avoir le soleil qui se lève après nous, nous offrant chaque matin un spectacle magique. Ce matin, on se réveille sur un plateau surplombant les alentours, au beau milieu d’une mer de nuages, d’où seules les éoliennes sur les crêtes voisines émergent. Quand les rayons du soleil traversent la brume, l’ambiance est mystique, seuls au monde dans un décor à la Blade Runner.
One great thing about traveling this late in the year is that the sun rises after us, putting on a magical show every morning. Today, we wake up on a plateau overlooking everything around us, in the middle of a sea of clouds, where only the wind turbines on the nearby ridges emerge. As the sun’s rays break through the mist, it’s just us and our BMWs, alone in the world, in a Blade Runner setting.





On a bien roulé hier, on est arrivés plus très loin des Bardenas donc on prend notre temps pour profiter du spectacle. Mais alors qu’on commence juste à se faire couler le café, un Navara estampillé Gobierno de Aragon se gare à côté de nous. On comprend vite qu’on n’a pas le droit de camper ici. On réussit à esquiver l’amende dans un espagnol boiteux, sous les regards amusés des rangers qui n’en reviennent pas qu’on ait pu monter aussi haut dans nos BMW surbaissées. Et finalement, on file direction le désert.
We clocked quite some miles yesterday and are closing in on the Bardenas, so we take our time to enjoy the view. But just as we’re pouring coffee, a Navara with Gobierno de Aragón written on the doors pulls up next to us. It doesn’t take long for us to realize we’re not supposed to be camping here. We manage to dodge the fine and quickly pack up, under the amused looks of the rangers, as we head down the off-road track in our lowered BMWs. Off we go, toward the desert.
Après un bref pit stop à Ejea de Los Caballeros pour choper quelques mignardises, on s’enfonce dans les Bardenas sous un épais brouillard. Le jour finit par pointer quand on quitte la civilisation. Excités, nous nous élançons sans réfléchir sur la première piste venue, espérant tomber dans un décor de Western après le premier virage. Dès les premiers mètres, on comprend que le désert, ça se mérite.
After a quick pit stop in Ejea de Los Caballeros for food, we head into the Bardenas under a thick fog. The day finally breaks as we leave civilization behind. Excited, we set off without a second thought, on the first track we find, hoping to stumble upon a Western landscape after the first turn. But from the very first few meters, we realize that the desert must be earned.




Les béhèmes croisent les ponts dans les parties rocheuses et s’extirpent des bourbiers avec aisance sur près de 5 km. Mais rapidement les cailloux deviennent de plus en plus acérés et nos chassis rencontrent de plus en plus le sol. On préfère s’arrêter là. Les décors cartes postales, ce n’est pas pour cette fois. Mais on ne s’avoue pas vaincus, on reviendra en Patrol.
The Bimmers cross axles in the rocky sections and pull themselves out of the mud with ease for nearly 3 miles. But quicly the stones grow sharper, and our chassis scrape the ground more and more. We decide to stop here. Postcard-worthy landscapes weren’t meant for today. But we don’t admit defeat—we’ll be back with proper off-road rigs sometime.



Forcés de revoir notre plan initial de passer la nuit dans le désert, on rebrousse chemin, non sans encombre et on trace vers le Pays-Basque dans l’espoir de trouver un camping ouvert avant la nuit.
Forced to cancel our initial plan of sleeping in the desert, we turn back, not without difficulty, and head towards the Basque Country in hopes of finding an open campsite before nightfall.




Retour en France et fin de l’aventure
Le Pays-Basque a encore beaucoup à offrir et les gars sont larges niveau éthanol, alors on remet du rythme sur les routes de fond de vallée qui nous mènent à San Sebastian. Là bas on s’envoie quelques tapas avant de grimper sur le Jaizkibel pour prendre un ptikaf avec vue sur le Golfe. Détour rapide par Irun pour faire le plein de clopes pour les copains restés au bercail, et on repart à l’assaut de la Corniche Basque. Ça sent la fin alors on profite de chaque virage comme le dernier. On se prend le soleil plein fer comme Ari à Pikes Peak mais putain que c’est beau.
The Basque Country still has a lot to offer, and the guys are well-stocked on E85, so we pick up some pace on the twisty roads that lead us to San Sebastián. Once there, we indulge in some tapas before climbing up the Jaizkibel to enjoy a ptikaf with a view. A quick detour through Irun to grab some cigarettes for the homies back home, and we’re back on the Basque Corniche. It feels like the end is near, so we savor every turn like it’s our last. The sun hits us full blast, like Ari at Pikes Peak, but damn, it’s beautiful.



Le lendemain c’est surf. Merde, je l’ai pas trimballé à travers l’Auvergne et les Pyrenées pour le laisser scotcher sur le toit du Touring! Calme plat à Biarritz alors on engloutit un pain au chocolat, pardon, une chocolatine, et on remonte vers Capbreton dans l’espoir de choper quelques vagues. La houle est timide, mais il y a du monde à l’eau, je le tente. Les vagues sont pas énormes mais suffisantes pour s’envoyer une petite session et se dire qu’on n’a pas fait tout ce chemin pour rien.
Tomorrow, we surf. I didn’t haul it through the Auvergne and the Pyrenees just to leave it stuck on the roof! Flat calm in Biarritz, so we grab breakfast at Port Vieux beach and head towards Capbreton, hoping to catch a few waves. The swell’s a bit shy, but there are people in the water, so I give it a go. The waves aren’t huge, but they’re enough to have some fun and make sure we didn’t drive all this way for nothing.
Le radar météo prévoit l’arrivée de la pluie pour demain matin, on décide de ne pas faire de vieux os ici et de tracer direction Bergerac pour la dernière nuit. On se cuisine un dernier festin: steak de thon et pommes grenailles en papillote au feu de bois, et on se couche sans traîner. Demain on rentre à la maison.
Mr. Weatherman announces rain for tomorrow morning, so we decide not to linger here and head for Bergerac for our last night. We cook one final feast: wood-fired tuna steak and potatoes, then turn in early—tomorrow, we head home.

Au réveil la pluie est déjà là. On remballe rapidement avant de se retrouver scotché au fond de la clairière, et on se rend au PMU le plus proche pour un dernier p’tit dèj, avant de se séparer pour le retour. C’est ainsi que se termine le South Ouest Trip, sous la pluie d’un samedi de novembre, perdus en Dordogne.
The rain woke up before us this morning. We pack up quickly to avoid getting stuck in the mud at the bottom of the track, then head to the nearest café for breakfast, before parting ways for the journey back. And that’s how the South West Trip ended—under the rain of a Saturday in November, lost in the Dordogne.
9 jours seulement se sont écoulés depuis le départ, 2500 km de petites routes, des centaines de virages, à la (re)découverte du sud-ouest et un peu de l’Espagne. On a pas tout vu et la météo capricieuse de la fin aura écourté le trip de quelques jours, mais ça nous fait de bonnes excuses pour revenir. Malgré l’intervention des rangers et l’échec des Bardenas, on ne s’avoue pas vaincu, on prévoit déjà de venir prendre notre revanche, mieux équipés et mieux préparés. Car c’est ça un vrai road trip, des aventures et des rires certes, mais aussi des moments de doute et de galères qui nous soudent un peu plus au fil des kilomètres.
Nine days have passed since we left, 2500 km of B-roads, hundreds of turns, rediscovering the South West and a bit of Spain. We didn’t see it all, and the unpredictable weather at the end cut the trip short by a few days, but that gives us perfect excuses to come back. And despite the rangers’ intervention and the Bardenas setback, we’re not admitting defeat. We’re already planning to come back, better equipped and better prepared. In the end that’s what a true road trip is: adventures and laughter, sure, but also moments of doubt and trouble that bring us closer with every mile.
Maintenant, les tentes et les hamacs sont rangés au chaud pour l’hiver, mais il nous tarde déjà de repartir dès que possible, peut-être avec certains d’entre vous, n’hésitez pas à nous proposer vos idées.
Now, the tents and hammocks are packed away, tucked up warm for the winter, but we’re already eager to hit the road again as soon as possible—maybe with some of you, so feel free to share some destination ideas and let us know why we should take you along!




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