Dans la vie, il y a un temps pour tout. L’automne pour se remettre du HFMSTRS X LA CASERNE, l’hiver pour réparer ce qu’on y a cassé, et le printemps pour les essais routiers.
Et tant qu’à réparer, autant améliorer. Injection, refroidissement, châssis : rien n’est laissé au hasard. Alors après un hiver passé à refaire une santé à nos chères et tendres, quand la bise fut levée, nous étions prêts.
Prêts pour une nouvelle aventure, plein ouest, direction le bout du monde.
There’s a time in life for everything: Autumn for recovering from HFMSTRS X LA CASERNE, winter to fix what we broke down there, and spring for road testing.
And while we’re at fixing, we might as well upgrade. Injection, cooling, chassis — nothing gets left to chance. So after a whole winter spent in the garages, once the temperatures finally started rising again, we were ready.
Ready for a new adventure, heading west toward the edge of the world.
Texte et photos: Nathan. Videos: Pierre et Nathan
Avec: Antoine (320ci E46), Nathan (328i Touring E46), Nico et Océane (440i F32) et Pierre (328i E36)



Quand on pense belles routes et plaisir de conduite, on imagine plus volontiers les lacets d’Auvergne, les cols alpins ou des zigs zags entre les sapins de la Forêt-Noire. La Bretagne, elle, traîne encore cette image de paradis pour retraités en camping-car et Parisiens en villégiature.
When thinking of great driving destinations, you would usually think of Auvergne, the Alpine passes, or the small backroads of the Black Forest. Meanwhile, Brittany still sounds more like a summer haven for retired RV owners and Parisian hipsters escaping the city.




Pourtant, à la sortie de l’hiver, alors que la région se réveille doucement de son hivernage et que le crachin n’a pas encorelaché l’affaire, la Bretagne se révèle être une alternative iodée surprenante. On y découvre une terre sauvage, où la nature a encore tous ses droits. Des plages désertes, des petits ports qui vivent au ralenti, et des routes sinueuses laissées en pâture à ceux qui osent s’y aventurer hors saison.
And yet, just as winter starts fading away, while the region slowly wakes up from hibernation and the drizzle still drizzles, Brittany reveals itself as a surprisingly good salty alternative. A wild land where nature still calls the shots. Empty beaches, sleepy little harbors, and winding roads left wide open for those willing to explore them out of season.









Du bord du littoral balayé par les embruns aux sommets venteux des Monts d’Arrée, chaque kilomètre s’apprécie, autant en mode attaque cramponnés au volant qu’en balade tranquille coude à la portière.
From coastal roads sprayed by sea mist to the windy peaks of the Monts d’Arrée, every mile tells a different story, whether gripping the wheel with both hands in full attack mode, or simply cruising along, elbows hanging out the windows.
Et il y a les Bretons. Un peu bourrus en apparence, mais fiers de leur région et toujours prêts à nous indiquer une jolie route, un bar où s’arrêter ou un coin à voir avant la tombée du jour. Surpris de nous voir apprécier le coin en plein mois de mars.
Et si l’on n’a pas peur de la météo, alors le voyage s’apprécie d’autant plus. Après tout, ici la pluie fait partie du décor. Il pleut que sur les cons qu’on raconte. Dans le doute, on avait prévu les K-ways.
Then come the locals. A little rough around the edges at first glance, but proud of their region, and always ready to point us toward a good road, the next bar to stop at, or a spot to see before the sun goes down. Almost surprised to see us enjoying the place this early in the season.
And if you don’t mind the weather, the whole trip takes on a completely different flavour. After all, rain is just part of the scenery here. Apparently, it only rains on fools. So we packed our K-ways, just in case.


Au fond, la Bretagne hors saison, c’est un peu comme un vieux bistrot de bord de nationale : pas forcément sexy dit comme ça, mais terriblement authentique, et rempli de belles histoires.
Out-of-season Brittany is like an old roadside bar: not really sexy at first sight, but deeply authentic, and full of good stories.



Comme à notre habitude, on part avec une liste de points sauvegardés sur Google Maps, essayant d’en relier le maximum entre deux bivouacs.
As usual, we set off with a list of saved pins on Google Maps, trying to connect as many of them as possible between two nights.
Mais pour un mois de mars en Bretagne, on préféré lâcher les tentes et les hamacs et se la jouer Airbnb. Fous, mais pas complètement cons.
It’s March, in Brittany. So we chose to play it safe this time and swap the tents for Airbnbs instead. Crazy, but not completely stupid.




Ce qui est chouette ici, c’est que tout vaut le détour. Le moindre petit port, la moindre crique, le moindre point de vue devient une excuse pour s’arrêter.
Alors forcément, les journées s’étirent : on se lève tôt et on se couche tard. Et étrangement, les réveils, pourtant aussi matinaux que pour bosser, sont infiniment moins pénibles.
What’s great out there is that everything is worth the detour. The smallest harbor, the tiniest cove, the slightest viewpoint becomes an excuse to pull over.
So naturally, the days stretch out: we get up early and go to bed late. And strangely enough, the early wake-ups — usually painful when heading to work — feel completely effortless out here.


Chaque jour, le programme reste le même : sunrise, ptikaf, pic pic, ptikaf, Cold1, sunset. Et entre chaque stop, une poignée de kilomètres qui nous emmènent toujours un peu plus loin vers l’ouest.
Entre côtes de granit déchiquetées et longues plages de sable blanc, les paysages s’enchaînent sans jamais vraiment se ressembler.
Each day follows the same simple path: sunrise, ptikaf, picnic, ptikaf, Cold1, sunset. And between each stop, just a handful of kilometers that always take us a little further west.
From jagged granite coastlines to long white sandy beaches, the landscapes follow one another without ever really repeating themselves.





Après trois jours à longer la côte, de Saint-Malo à la pointe Saint-Mathieu, on décide de quitter un instant le littoral pour prendre un peu de hauteur. Direction les Monts d’Arrée, point culminant de la Bretagne.
On ne s’attendait pas grand-chose, mais le décor nous surprend immédiatement. Une Bretagne plus brute, à l’écart des cartes postales, presque mystique. Un paysage aussi impressionnant que la côte et son océan déchaîné. Encore une fois, ça valait le détour.
After three days along the coast, from Saint-Malo to the Pointe Saint-Mathieu, we decided it was time for a bit of altitude in the Monts d’Arrée, the highest point in Brittany.
We weren’t expecting much, but the scenery surprised us straight away. A rawer Brittany, far from postcard clichés, almost mystical. A wild landscape just as striking as the coast and its raging ocean. And once again, it was well worth the detour.
Avec ses routes sinueuses, ses landes ouvertes, ses maisons traditionnelles planquées dans la verdure et cette impression permanente d’être seuls au monde, le massif armoricain, nous rappelle de bons moments passés dans le Morvan à la même période l’année passée.
Dans un tel décor, on comprend vite d’où vient l’imaginaire des contes et des légendes bretonnes.
With its winding roads, open moorlands, traditional houses tucked away in the greenery, and that constant feeling of being completely alone, the Armorican Massif reminds us of the good times spent in the Morvan, around the same time last year.
In such a setting, it quickly becomes clear where Breton tales and legends come from.




Après une pause café à Huelgoat, on remet le cap vers l’ouest, pleine balle Gwendal, direction Crozon, pour choper le sunset.
On traverse le pont de Terenez, aveuglés par tous les insectes écrasés sur le pare-brise, le ciel s’embrase, le soleil s’aligne dans les lunettes de soleil et les vagues s’écrasent au pied des falaises de Pen-Hir.
After a coffee pit stop in Huelgoat, we set course west again, heading for Crozon to catch the sunset.
As we cross the Terenez Bridge, blinded by all the dead bugs splattered on the windscreen, the sky catches on fire, the sun lines up in the sunglasses, and the waves crash at the foot of the Pen-Hir cliffs.
Nous y voilà. Au bout du monde.
And here we are. At the end of the world.




Sur la presqu’île, on profite de la mi-temps du voyage pour reposer la cavalerie et se dégourdir les jambes.
Du sunrise au sunset, du Cap de la Chèvre à la Pointe des Espagnols, de petits ports en criques escarpées, on prend le temps de prendre notre temps.
On the peninsula, we take advantage of the halftime break of the trip to let the cars rest and stretch our legs.
From sunrise to sunset, from Cap de la Chèvre to Pointe des Espagnols, from small harbors to rugged coves, we take the time to take our time.







Et pour finir la journée, on libère enfin les surfs des barres de toit, pour une session peu concluante à Kerloc’h, plus proches d’une paire de chaussettes dans une machine à laver que de rois de la glisse, avant de remonter à Pen-Hir pour le coucher de soleil.
And to end the day, we finally free the surfboards from the roof racks for a rather unconvincing session at Kerloc’h Beach — looking more like a pair of socks in a washing machine than actual surfers — before heading back up to Pen-Hir for sunset.




On avait prévu de visiter la fabrique du pâté Hénaff, mais elle n’ouvre qu’en juillet. Peut-être le seul vrai désavantage à voyager hors saison. Tant pis. Ce n’est qu’une excuse de plus pour traîner un peu plus longtemps dans le coin.
We had planned to visit the Hénaff pâté factory, but it only opens to visits in July. Probably the one real downside of travelling out of season. Never mind — just another excuse to wander around a bit longer.




On en profite pour découvrir les petits ports perchés du Cap Sizun, et on se laisse même aller à une sieste, avachis contre les pare-chocs et bercés par le bruit des vagues en contrebas.
We take the time to explore the small harbors, hanged to the cliffs of Cap Sizun, eventually giving in to an improvised nap, inbetween the bumpers, lulled by the sound of the waves below.






Une balade digestive jusqu’au bout de la pointe du Raz, puis on remet les autos en route vers le fameux spot de La Torche, histoire de prendre une revanche sur la session de la veille.
A slow, almost digestive walk to the tip of Pointe du Raz, then we head back to the cars and set course for the famous surf spot of La Torche, hoping to take revenge on yesterday’s session.







À peine meilleurs que Brice de Nice, on se sera au moins baignés avec nos planches. Ça suffira à dire qu’on ne les avait pas emmenées uniquement pour le style.
Barely better, but we did at least get in the water with our boards. Enough to prove they weren’t just there for show.




Et ça sent déjà la fin. Ce goût doux-amer de “on en aurait bien repris une louche”.
Une dernière journée sur le littoral, de Loctudy à Quiberon, entre routes côtières et pauses improvisées.
And it already feels like the end is just around the corner. That bittersweet taste of “we could’ve enjoyed one more round”.
One last day along the coast, from Loctudy to Quiberon, between seaside roads and improvised stops.
Au passage, une découverte de Concarneau un peu par hasard, le temps d’un arrêt au stand chez Norauto, pour l’E36 de Pierrot et la F32 de Nico. Et une visite du sous-marin à Lorient manquée de peu… on aura peut-être un peu trop traîné cette fois-ci.
Along the way, a spontaneous visit to the fortress of Concarneau, triggered by a pit stop at Norauto for the E36 and the F32. And a submarine visit in Lorient narrowly missed… we might have taken our time a little too much this time.






On arrive finalement à Quiberon, temple du kite et du surf en Morbihan. Trop tard pour une session. Et de toute façon, c’est flat comme un billig.
Alors on attaque l’apéro, on commande une dernière tournée de crêpes, et on vide les dernières cannettes de Cold1 avant de se souhaiter bonne nuit une ultime fois avant le retour.
Du sel plein les cheveux, des images plein la tête.
We finally arrive in Quiberon, the Morbihan’s sanctuary of kite and surf. Too late for an other session — and besides, it’s as flat as a crêpe pan anyway.
So we kick off the aperitif, order one last round of crêpes, and empty the remaining Cold1s cans before saying night night one last time before heading home.
Salt in our hair, and our heads full of memories.





Rouvrir la saison aussi tôt, c’est prendre le risque d’une météo capricieuse et parfois de se casser le nez devant une attraction fermée. Mais c’est aussi vivre une région dans son authenticité, rencontrer des locaux encore heureux de voir passer du monde, et profiter de chaque rayon de soleil comme quelque chose de précieux.
La Bretagne hors saison, c’est peut-être ça le secret: une région qui se vit, une terre pleine de surprises, et d’où l’on repart sans la quitter des yeux dans le rétro.
Reopening the season this soon means taking the risk of bad weather, and sometimes showing up at closed doors. But it also means experiencing a region in its purest form, meeting locals still genuinely happy to see people passing through, and enjoying every break in the clouds the last.
Out-of-season Brittany might just be the move: a place to be lived rather than visited, a land full of surprises, and one you leave without ever quite taking your eyes off the rearview mirror.







Finalement, la Bretagne nous aura bien gagné.
Un grand merci à Land Berry de nous avoir fourni les Cold 1, aux montres Serica de nous avoir indiquer l’heure de la pause tous les jours, et aux copains de Zou Bizou de nous avoir régalé à chaque pic nic avec leurs tartinades.
In the end, Brittany definitely got us.
A huge thanks to Land Berry for all the Cold 1s, to Serica Watches for letting us know when it was finally time for a break each day, and to our friends from Zou Bizou for saving every picnic with their tartinades.
En attendant le prochain départ, KENAVO !












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